Week-end formation ski de randonnée au refuge Bonatti dans le Val Ferret (Italie)
- 13 oct. 2022
- 4 min de lecture
Nous avions prévu un week-end autour des Gastlosen, mais le flux de Nord Ouest nous conduit vers le Val Ferret plus abrité, le risque avalanche est moindre, et avec un peu de chance la neige tombé en quantité sur le massif du Mont-Blanc sera transporté de notre côté pour de beaux virages en poudreuse.

Un week-end face au Mont-Blanc et aux Grandes Jorasses, ce n'est pas volé non plus ! Pour ce week-end, je fais appel à Serge pour compléter l'encadrement, car nous avons 9 clients, en "mauvais" skieur, comme il aime si bien dire, il est très fort pour trouver la neige facile à skier, la poudreuse, et je lui fais totalement confiance.

Nous nous retrouvons donc à Planpaincieux, pour un petit café à l'Italienne, avant de checker le matériel et le dépliage de la carte afin de repérer tous ensemble l'itinéraire, définir les zones où nous pourrions rencontrer des difficultés et allumer notre vigilance vis à vis des risques d'avalanche.
Ensuite, nous remontons les pistes de ski de fond en direction du refuge Bonati, cette partie n'est pas la plus séduisante, mais avec le plaisir de la rencontre et le panorama, les discussions vont bon train.
Nous arrivons à une première pente raide, après un point sur les conditions de la neige, en utilisant la méthode de réduction du risque développer par l'ANENA (association nationale d'étude de la neige et des avalanches), le risque d'avalanche est vite écarté, c'est donc l'occasion de parfaire la technique de conversion de tout le monde, débutant comme initié.

Après deux petites heures de balade, nous nous arrêtons pour une pause casse-croûte. Le terrain est idéal et nous en profitons pour étudier le manteau neigeux. Même s'il est plutôt stable, nous parvenons à mettre en évidence les mécanismes de l'avalanche. Cela permet également de conforter notre assurance vis à vis de la stabilité de celui-ci, pour la progression du jour et du lendemain.
Nous reprenons ensuite notre progression vers le refuge, et en chemin découvrons les fameuses accumulations de neige transportée par le vent, tant attendues. Après une étude de l'orientation des pentes accumulés nous décidons de ne pas rejoindre le refuge directement, mais de faire un petit crochet au-dessus du refuge, afin de s'offrir une belle pente vierge et poudreuse. Le dénivelé supplémentaire et vite récompensé par les beaux virages enchaîné, en témoigne les cris de joie de chacun.
Arrivés au refuge, nous profitons des derniers rayons de soleil pour effectuer un exercice de recherche en avalanche afin d'augmenter la sécurité du groupe en cas de situation de crise.

Il est maintenant l'heure de se reposer, après cette première journée de rêve, le moral des troupes est au maximum ! Les échanges fusent et c'est un régal de répondre aux questions de chacun. Nous commençons à préparer la journée du lendemain, notre objectif est la tête d'entre deux saix, directement à l'aplomb du refuge, mais en réfléchissant à nos observations du jour et au transport de la neige, nous pensons peut-être bifurquer vers la tête saint Bernard qui semble plus propice au bon ski dans la poudreuse. La carte est de nouveaux dépliée afin de tracer un itinéraire et de réfléchir à des options pour trouver la meilleur neige à skier. Après quelques bières et échanges dans la bonne humeur, le repas "à l'Italienne" nous réjouis ! Chacun va ensuite profiter d'une bonne nuit de sommeil dans le confortable refuge.
Le lendemain, le temps est au beau fixe, avec Serge, nous laissons nos clients "faire la trace", avec nos bons conseils, ils nous conduisent intelligemment au col d'entre deux saix, en déjouant les pièges que la montagne enneigée aurait pu nous tendre.

Arrivés au col , la suite vers la tête semble nous offrir un ski d'une qualité moyenne, nous décidons communément d'enlever les peaux et d'aller voir vers la tête Saint-Bernard évoquée la veille si de meilleures opportunités s'offrent à nous.
Cette première descente confirme nos espérances, les pentes orientées au nord semble chargé en poudreuse ! Juste assez pour se faire plaisir, sans se faire peur.
Dans le vallon d'Arminaz, nous remontons les peaux et c'est à nos clients de reprendre la trace et l'itinéraire. La pente sommitale qui mène à la tête de la tronche est gelée et raide, après avoir fait mettre les couteaux à tout le monde nous reprenons donc avec Serge la tête afin de creuser de belles plateforme pour que tout le monde puisse effectuer les conversions en sécurité et éviter une glissade qui serait mal venue dans cette pente raide et gelée.

Au sommet, nous dépeautons, et une
belle arête face aux Jorasses, aérienne, mais pas trop, nous permet de rejoindre le col entre la tête de la tronche et la tête saint Bernard, la descente est ensuite grandiose, les combes sont remplis de poudreuse et totalement vierge, c'est un régal pour tous !
La fin de la descente est un peu plus sportive, car elle est un petit peu plus raide et boisée, on peaufine nos virages en pente raide, mais tout le monde et à l'aise.

Pour regagner Planpapincieux, il faut quelques poussées de bâtons vigoureuses pour en finir avec ces maudites pistes de fond, mais la pizza à Entrêves clôture la journee de la plus belle des manières !




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