Le Pertuis - Le char à banc
- 6 oct. 2022
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 8 oct. 2022
Le Pertuis, c'est cette grande falaise qui domine la vallée du fier, face à Alex, entre Annecy et Thônes. personnellement je la côtoie presque tout les jours quand je descend sur Annecy et pour beaucoup d'autres c'est cette paroi vers laquelle on lève les yeux d'un œil songeur en accédant aux Aravis. Il paraît même qu'à Saint Jorioz on est juste en face et qu'elle fait de l'oeil à ses habitants.

Au Pertuis j'ai découvert l'aventure à la maison, avec Gary et Guillaume dans le Char à banc et avec Édouard dans le Pilier rouge, alors quand Antoine m'a demandé de le guider là haut, j'ai tout de suite saisie l'occasion.

En tant que guide c'était un vrai plaisir et même un accomplissement, comme c'était une première, de partager avec Antoine cette vision de l'aventure à la maison.
Au Pertuis tout se mérite ! D'abord la marche d'approche, deux heures que l'on pourrait injustement qualifier de malcommode. C'est raide, c'est souvent gras, ça casse les jambes et la fin est même paumatoire, mais c'est le prix de l'aventure "à la maison".

Arrivés au pied, on rempli le sac de hissage, on enfile les chaussons d'escalade, et c'est parti pour un voyage à la verticale, un voyage dans la verticalité mais aussi un voyage dans le temps, car notre voie a été ouverte en 1966... Cela force l'humilité quand on imagine les moyens de l'époque !

La première longueur met tout de suite dans le bains, c'est herbeux, le rocher "croustille", et oui ce n'est pas le Verdon, ici c'est l'aventure.
La seconde longueur est d'anthologie, les ligne de fuite aidant, le gaz est déjà présent et l'on s'engage dans une fissure large d'envergure, 35 mètres de off width, comme disent les ricains !

Le caillou de la deuxième longueur parfait pour celui qui aime style "renfougne" en cheminée , ne nous fera pas oublier celui de la troisième, médiocre...
Ici on grimpe sur des oeufs et en traversée, même si l'escalade est moins soutenue c'est une des longueurs les plus sérieuses de la voie, mais un vrai grimpeur montagnard sait jouir du bon comme du mauvais caillou !


La quatrième longueur est plus classique... Enfin pas vraiment (rire), après un départ teigneux qui se termine en escaladant sur un arbre, on remonte ensuite une section de rocher compact et plaisante pour un peu de répit.
La cinquième et sixième longueur joue sur les nerfs, on traverse à gauche puis à droite, gare au pendule ! La sangle rappelable fait des merveilles sur les pitons. Mention spéciale pour L6 et son écaille qui ferait pâlir un amateur de cairn puis sa traversée en crépie mémorable.

Après un court pas de bloc, on part dans la belle fissure large de L7, pimentée de quelques passages retors en fissure fine. Au relais, l'ombre est aceuillie avec bonheur car plein sud, à 14h, même début octobre le soleil tape fort !

L8 est la dernière longueur difficile, après un départ en douceur après la grotte de la sieste, un mauvais pas d'artif nous accueille dans un bombé raide avec un piton douteux.
La dernière longueur et voici le plateau sommital, bien content d'en avoir fini avec les difficultés, mais la journée n'est pas finie, encore deux bonne d'heures de descente, raide et au début bien exposée. A l'auberge de Morette la bière est bien méritée !

Merci pour l'aventure à deux pas de la maison !! Majeur :)